Voici ce qui se cache sous les couvertures sur les photos de bébé de l’époque victorienne

Quand vous pensez à une photographie victorienne, qu’est-ce qui vous vient immédiatement à l’esprit ? Probablement des gens sinistres, sans sourire, vêtus de vêtements austères, immortalisés sur des clichées en noir et blanc ou en sépia. Et elles peuvent également faire un peu peur, non ? Eh bien certaines images de cette époque sont encore plus effrayantes ! Et, oui, nous parlons des photos de bébé. Examinez de près n’importe quelle photo de bébé de cette époque et vous apercevrez probablement une silhouette étrange qui se cache en arrière-plan. Vous ne voyez pas ? Voici un indice : pensez à ce qui se cache sous ces draps …

Même si vous avez l’habitude de vous attendrir sur ces photos d’enfants – et nous comprenons tout à fait – vous n’avez probablement jamais remarqué ces mystérieux intrus. Mais quand c’est le cas, un frisson parcourt alors votre colonne vertébrale. C’est vraiment étrange ! Bien plus encore, une fois cette frayeur passée, vous découvrez alors des intrus similaires dans les arrière-plans d’autres photos de bébés de l’époque victorienne.

Une fois que vous aurez repéré ces formes recouvertes d’une couverture, vous penserez que ces clichés effrayants auraient toute leur place dans un film d’horreur ! Mais à l’époque, ces photos n’avaient rien d’extraordinaire, et ce malgré ces formes étranges, qui pouvaient prendre des formes différentes selon l’enfant.

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Parfois, cette apparition est recouverte d’un morceau de tissu sombre, ce qui lui donne un aspect de spectre terrifiant. Dans d’autres cas, elle se cache derrière un rideau. Ensuite, il y a ces chaises qui ne sont clairement pas des meubles normaux. Comme nous le disions, cela varie.

Si vous essayez de comprendre ce phénomène, soyez rassuré – il y a une explication. Et cela a à voir avec les subtilités de la photographie victorienne et les équipements utilisés pendant la période. Sans surprise, prendre une photo à l’époque n’était pas aussi simple qu’aujourd’hui ! Pourtant, c’était quelque chose de très populaire. 

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Tout a commencé à l’été 1839 à Paris. C’est à ce moment qu’un homme du nom de Louis-Jacques-Mandé Daguerre a dévoilé une toute nouvelle méthode de photographie, qui devait passer à la postérité sous le nom de « daguerréotype », et qui allait tout changer. 

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Pourquoi l’idée du Français était-elle si révolutionnaire ? Eh bien, elle permettait de produire des images présentant une « ressemblance véridique » de la personne ou de l’objet. Et cette possibilité passionnante – que nous tenons maintenant pour acquise – séduisit les gens à l’époque. Rapidement, les magasins de daguerréotype commencèrent à faire fureur – ainsi, New York comptait plus de 70 de ces points de vente en 1850, ce qui est un chiffre énorme pour l’époque !

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Pourtant, il n’est pas vraiment surprenant que la photographie soit devenue immédiatement populaire. Après tout, qui ne voudrait pas pouvoir emmener une image de son bébé adoré partout avec soi ? Nous le faisons encore de nos jours ! Mais contrairement au fonctionnement des appareils que nous connaissons actuellement, les aspirants photographes n’utilisaient pas de film pour capturer leurs images. Au lieu de cela, ils devaient produire leurs œuvres sur des plaques de cuivre recouvertes d’argent.

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Ces plaques n’avaient bien évidemment pas la souplesse du film, et elles étaient beaucoup plus lourdes. Un photographe exposait la plaque à la lumière lorsqu’il était prêt à prendre une photo, ce qui imprimait l’image du sujet sur la surface. Mais tous les détails de l’image ne pouvaient être vus qu’une fois la plaque de cuivre argenté retirée de l’appareil photo et traitée avec des vapeurs de mercure.

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On a connu plus simple comme méthode ! Mais cela produisait néanmoins des résultats étonnamment bons. En tout cas, pour l’époque. Ainsi, le daguerréotype devait continuer à être populaire malgré quelques défauts – voire même de très gros défauts. Et c’est là qu’il faut commencer à chercher un début d’explication à ces personnages sombres sur les photos de bébé. 

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Imaginez que vous venez d’entrer dans un studio pour vous faire prendre en photo après que l’invention de Daguerre est devenue populaire. Vous vous mettez en place devant l’objectif et décidez de votre pose. Enfin, une fois que tout est prêt, vous maintenez votre position et vous attendez. Et attendez. Et vous attendez encore un peu…

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En effet, l’exposition requise par les daguerréotypes pouvait prendre jusqu’à 15 minutes. Pas secondes. Minutes ! Alors oui, cela signifiait que les gens devaient rester complètement immobiles pendant un quart d’heure. C’est énormément demander, même pour quelqu’un de patient !

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Les daguerréotypes étaient également assez coûteux. Dans les années 1850, le prix d’une seule photo aurait varié entre environ 50 cents et 2 dollars. De nos jours, cela ne semble pas trop mal – à peu près le coût des impressions couleur. Mais si vous convertissez ces chiffres pour refléter la valeur actuelle, vous allez rester bouche bée.

 

Ce daguerréotype de 50 cents coûterait aujourd’hui l’équivalent d’environ 15 euros. Et une photo à 2 dollars de l’époque ? Environ 60 € ! Inutile de dire que seuls les riches pouvaient se le permettre. Cependant, un défaut fut bientot résolu : après quelques ajustements, le temps d’exposition fut réduit à moins de 60 secondes.

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Pourtant, au fil des années 1860, le daguerréotype commença à perdre du terrain au profit d’autres formes de photographie. Par exemple, la méthode dite du « collodion humide » – apparue en 1851 – devint de plus en plus demandée. Pourquoi ? Eh bien, elle permettait de réduire davantage encore les temps d’exposition. C’était une bonne nouvelle pour les photographes et les sujets, en particulier pour ceux qui avaient des enfants.

Avec ce processus, une photo nécessitait environ 30 secondes d’exposition. C’était là une perspective beaucoup plus acceptable que de rester immobile pendant 15 minutes ! Là encore, ce n’était pas encore parfait. Tenir une pose pendant plus de quelques secondes n’est pas si facile si vous êtes du genre agité. Ou si vous êtes, par exemple… un bébé. 

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Et les photographes se retrouvaient aussi à lutter contre la montre une fois qu’ils avaient pris leurs photos. Après avoir exposé le collodion humide à la lumière, ils ne disposaient que d’une fenêtre de 15 minutes pour procéder au développement. Quel changement de rythme ! Difficile d’imaginer à quel point cela pouvait être stressant. 

Mais quel impact cette nouvelle méthode innovante a-t-elle eu sur le monde de l’art ? On pourrait penser que les gens n’auraient plus eu besoin de portraits traditionnels alors qu’ils pouvaient simplement obtenir une photo en une fraction du temps. Et, oui, la photographie était finalement devenue le moyen privilégié pour conserver une image d’un être cher.

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Cependant, avec le temps, les artistes se sont adaptés en produisant des peintures plus complexes – des peintures que les photographes ne pouvaient reproduire. Et depuis, la photographie et les beaux-arts travaillent de concert. Intéressant, n’est-ce pas ?

Cela n’explique cependant toujours pas les figures effrayantes qui se cachent à l’arrière-plan des vieilles photos de bébé. Alors que font-elles là ? Est-ce une tentative d’ajouter une touche artistique aux images – avec des photographes essayant de battre les peintres à leur propre jeu ? Ou est-ce duu à quelque chose de plus sinistre ?

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En vérité, ni l’un ni l’autre. Et l’explication n’est pas aussi compliquée que vous ne le pensez. Ces formes étranges sont en fait les mamans des bébés, qui s’assombrissaient avec les matériaux qui traînaient dans les studios. Nous pouvons pratiquement sentir votre soulagement d’ici ! Mais pourquoi diable les mères faisaient-elles cela ?

Eh bien, vous vous souvenez des temps d’exposition dont nous avons parlé plus tôt ? S’il est difficile pour un adulte de rester immobile pendant 30 secondes, imaginez ce que c’est pour un bébé. Quasiment mission impossible ! Donc, pour faciliter les choses pour les photographes, les mamans intervenaient pour garder leurs enfants en place.

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Au lieu de simplement poser aux côtés de leurs enfants, elles tentaient de se camoufler afin de se fondre dans l’arrière-plan des photos. Et bien que le processus ait donné des résultats vraiment bizarres, il a finalement fonctionné. Les enfants restaient immobiles et les photographes pouvaient terminer leurs clichés. Tout est bien qui finit bien, n’est-ce pas ?

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Cette étrange coutume fait également l’objet d’un livre fascinant datant de 2013. Intitulé The Hidden Mother, il offre plus de 1000 exemples de mamans se cachant dans des photos de bébés victoriennes – et ce chiffre seul dit à quel point la pratique était répandue. La rédactrice du livre, Linda Fregni Nagler, y explique également toutes les manières qu’avaient ces femmes de se cacher.

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S’adressant à Fast Company en 2013, Nagler explique : « Pour cataloguer les mères cachées pour mes archives, j’ai utilisé un certain nombre de mots-clés [qui] catégorisent les nombreuses façons avec lesquelles elles se cachent. Ces mots-clés sont très descriptifs : burqa, mère découpée, membre fantôme, tissu, grosse main, astuce de chambre noire, tache d’encre, tête par derrière, tête coupée, meubles, métal mat, etc. »

Certaines de ces méthodes sont très différentes de celles dont nous avons parlé jusqu’à présent. En fin de compte, toutes les mères ne se drapaient pas d’un morceau de tissu pour se cacher. Certaines étaient même bien visibles – bien que cela ne signifiait pas qu’elles voulaient pour autant être le centre d’attention.

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Pour faire disparaitre les femmes des clichés, une forme très primitive de Photoshop était utilisée. Fondamentalement, les traits du visage des mamans étaient effacés – c’est là que les clichés semblent les plus effrayants. Dans d’autres cas, leurs têtes étaient simplement découpées des images, laissant les bébés poser avec ce qui ressemble à des corps décapités. Sympa !

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Tout aussi effrayantes sont les photos qui montrent des mains flottantes – sans bras ni corps – planant autour du bébé. Certaines de ces photos présentent une ambiance spectrale, bien que cela s’explique comme un effet secondaire du processus de collodion humide.

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Si les photos créées à l’aide de collodion humide se développaient plus rapidement que les daguerréotypes, demeurait toutefois un inconvénient majeur : les couleurs de l’image étaient affectées. Toutes les zones blanches d’une photo paraissaient plutôt brun clair – et les parties plus sombres ne faisaient qu’accentuer cet effet par contraste. Dans l’ensemble, cela finissait par rendre les clichés étrangement artificiels. Mais il est vrai que la présence de mamans sans tête n’aidait pas vraiment non plus…

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Par ailleurs, certaines photos de bébés de l’époque victorienne sont troublantes pour une raison tout à fait différente. Parfois, on prenait des photographies de bébés après leur mort. C’était très probablement afin de conserver un souvenir de ces jeunes vies si cruellement fauchées au seuil de leur existence. 

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À première vue, les nourrissons de ces images tragiques peuvent sembler allongés, voire endormis. il suffit toutefois de jeter un œil à leurs yeux peints, pour découvrir la vérité déchirante. Pourtant, même si ces photos peuvent être difficiles à regarder, elles remplissaient un objectif important : apporter un peu de réconfort aux parents endeuillés en les aidant à se souvenir de leurs proches.

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Mais, bien sûr, il y avait aussi beaucoup de photos prises de bébés en bonne santé – avec ou sans leurs mamans. Ayons une petite pensée pour tous ces photographes qui devaient attendre patiemment que les bébés soient calmes avant même d’envisager de prendre des clichées avec un daguerréotype ou du collodion humide. Et quelques photographes relevaient en effet ce défi, selon l’historien new-yorkais Mark Osterman.

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En 2013, Osterman a déclaré au Guardian : « Il y avait beaucoup de photographes qui se spécialisaient tout particulièrement dans la prise de [photos de] bébés et de personnes âgées. Les personnes âgées peuvent être tremblantes, grincheuses et difficiles à gérer, tout comme les bébés. Les photographes devaient donc faire preuve de beaucoup de patience. Ils avaient besoin de 18 à 30 secondes pour obtenir un négatif clair. »

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Qui étaient ces saintes figures ? Eh bien, parfois, c’étaient des femmes. C’est vrai que contrairement à de nombreuses autres carrières, la photographie était considérée comme un métier socialement acceptable pour le beau sexe. Et selon The Guardian , les femmes se sont lancées en masse dans cette carrière. On estime ainsi que le nombre de photographes professionnelles a quadruplé dans la décennie qui suivit 1861.

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Les femmes photographes apportaient-elles pour autant quelque chose de différent ? Eh bien, quand il s’agissait de prendre des photos de bébés, apparemment pas. Comme les hommes, elles essayaient simplement d’occuper les enfants de toutes les manières possibles – par exemple en employant des animaux. Eh oui, on trouvait parfois des oiseaux et des singes dans les magasins de photographie. Chacun sa méthode !

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Mais si ces méthodes ne suffisaient pas, il y avait une solution alternative. Une publication de l’époque affirmait que l’opium devrait « effectivement empêcher les poseurs d’être conscients d’eux-mêmes, ou de l’appareil, ou de quoi que ce soit d’autre ». Il va sans dire que cela ne passerait pas aujourd’hui !

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En tout cas, le paysage photographique a commencé à changer au tournant du siècle. Tout cela grâce à l’avènement du célèbre appareil photo Brownie de Kodak, qui pouvait être utilisé par à peu près tout le monde et ne coûtait pas trop cher. Son film était également relativement bon marché.

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Le Brownie était un appareil photo avec lequel il suffisait de « viser et photographier », car un utilisateur avait juste besoin d’appuyer sur un bouton pour prendre une photo. Il n’y avait pas non plus à s’inquiéter des temps d’exposition, ce qui devait être un soulagement ! Et Kodak devait même supprimer le dernier obstacle qui empêchait le public de se lancer en masse dans la photographie. Le traitement des photos, déclara la société, serait désormais de sa responsabilité.

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So, what did that mean for the hidden mothers’ methods? After all, if you could now create a photo of someone without having to wait around for 30 seconds, were moms really needed in the pictures to help calm their children? Well, maybe not, but the practice continued into the 20th century – despite the advances in camera technology.

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By the Roaring Twenties, however, the moms had all but disappeared – when it came to the baby pics, anyway. And from there, you wouldn’t spot any more creepy figures looming over infants in photographs. But as weird and spooky as some of these images turned out, the method has its place in history – and it certainly won’t be forgotten.

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